Régina SK., quatre heures du matin et je ne peux plus dormir. Merde! Il est fréquent que je me réveille très tôt le matin lorsque je suis dans l’ouest. Les deux heures de décalage avec le fuseau horaire du Québec me font souvent cet effet. À quatre heures il serait donc six heures chez moi, ce qui correspond à mon heure habituelle. D'un côté, ça ne me dérange pas trop pourvu que je me sente reposé et dispos pour la tâche. Allez on décolle. Direction Outlook, petit village environ 230 kms au nord de Régina.
Deux livraisons plus tard, je suis affamé, naturellement il est l’heure du lunch. J’aperçois le truck-stop à l’intersection des autoroutes 4 et 16 à The Battleford SK., la cour est bondée de poids lourd, j’ai tellement faim que je décide de prendre une chance, et regarde pour un stationnement. Oups, dès que je me pointe le nez dans le stationnement, un espace de choix se libère, comme par enchantement, parfait pour le mastodonte de « B train » comme le mien.
La panse pleine je suis prêt pour le troisième client à Loydsminster AB.
Il m’arrive fréquemment de prendre une pause vers les 2 heures en après-midi. Normalement je me gare et fais une p’tite sieste d’une demi-heure. Aujourd’hui je suis en feu, il n’en est pas question!
Toute la journée j’ai eu l’impression que mes clients m’attendaient dans la cour pour s’assurer que le service serait rapide et efficace. La courtoisie était de mise, on a même tenté de me répondre en français à quelques reprises. À peine 10 minutes chez le client et me voila reparti.
Sur la route j’écoute, et on peut presque entendre les 600 chevaux du moteur cummins 385-600 HP, question de se motiver entre eux. Le Harley Davidson des poids lourds, mon Perterbilt 389 – 2007 ne laisse aucune chance à quiconque veut s’y mesurer en grimpant les quelques montagnes, si rares soient-elles, qu’on retrouve dans cette région.
Quatre livraisons plus tard, trois chevreuils, deux bisons et 1150 kilomètres au compteur, je me retrouve à Edmonton AB. Avec un surplus d’énergie assez inquiétant. « Speed » dans mon Diet Pepsi? J’me sens presqu’en téflon.
« J’arrive au Flying J, j’aperçois une cabine téléphonique, j’y cours et j’entre comme un coup de vent. Aussi tôt, entrer, j’en ressors vêtu de mon uniforme en latex moulant bleu et rouge garni d’un grand « S » sur la poitrine. »
SIR, SIR, SIR, CAN I HELP YOU?
D’un réveil brutal, je sors de la lune puis m’aperçois que j’étais juste dans une longue file d’attente au Flying J, articles en main, en train de fabuler et de rêver sur se qu’aurait été LA journée parfaite du chauffeur qui a une vie bien ordinaire.
À une petite exagération près, je peux sincèrement affirmer que j’ai vraiment eu LA journée parfaite, et que si on m’offrait de la changer sur le champ avec plein de scénarios alléchants, je répondrais probablement non.
Ostie! Que j’ai eu une belle journée!
Oups… je dois y aller le p’tit « cute » du comptoir, a fini son « shift » puis on s’en va pour une p’tite bière l’autre bord de la rue...
OH! YES! YOU CAN HELP ME…!
la madame...
ATTENTION! Si vous êtes pudique, prude et êtes « pluggé », par intraveineuse sur l’eau bénite de l’Église Catholique, allez donc prendre une marche et oublier que vous êtes tombé sur cet article, car il n’est pas pour vous. Si vous êtes mineur, allez, lisez-le, mais de grâce fermez-vous donc la trappe. Si vous êtes un de ceux qui le liront jusqu'à la fin, je vous en pris, mais ne venez pas vous plaindre que j’ai osé parler de façon aussi franche de vos fesses, vous aviez juste à ne pas me les montrer.







.jpg)

.jpg)








