Y de ça quelques années, j’ai commencé à aller en Floride à peu près toutes les semaines. C’était fou, le client nous envoie livrer de l’acier sur un chantier directement au centre-ville de Miami Fl., pour livrer seulement le vendredi soir, question de ne pas déranger la cadence du chantier sur semaine.
Samedi et dimanche à attendre sur place qu’on m’assigne une nouvelle destination le lundi matin. Maudite job plate, hein? Je finis par trouver un endroit ou je peux laisser la remorque et puis je me trouve un fichu de beau « spot » sur le bord de l’océan. Le stationnement s’adressait surtout pour le type campeur, mais parce qu’il était trop près d’une zone où on y retrouve plusieurs bars, le « spot » était toujours disponible. Kin toi, moi ça fait mon affaire.
Un samedi matin vers les 5hr du mat, je me fais réveiller par une gang de jeunes qui sort du « after hour » juste à côté. Ils s’installent autour de la table de pique-nique que j’avais pris soin d’approcher de mon camion la veuille. J’entends leurs voix, les gars parlent de leur soirée à danser sur un « set » de David Guetta. Tranquillement pas vite j’ouvre les yeux, je m’étire puis j’enfile mes shorts et mon chandail et je descends du camion pour me joindre à la troupe de joyeux lurons maudits beaux mâles. Soudainement, j’ai les yeux bien ouverts. Oups, p’tite érection subtile, mais avec les shorts de plage ça reste pas subtil bien longtemps.
Il est évident qu’avec les yeux vitrés comme ça, les p’tits gars n’étaient pas en boisson, mais bien plus sur une substance quelconque sous forme de comprimés.
Beau blond avec son étoile tatouer au bas du dos m’aperçois puis se lève de la table, en fixant le sol.
(Moi) : « Non, non assoie toi jeune homme, dérange-toi pas. De toute façon, t’as déjà commis l’irréparable, c’est juste que tu ne le sais pas encore. »
Avec mon p’tit sourire en coin, la bave sur le bord de la bouche puis la p’tite l’érection qui est de plus en plus visible.
(Beau blond) : « De késé??? On s’excuse, on ne savait, pas que vous étiez couché là-dedans. »
Il finit par me dire qu'il se nomme Dean.
Il m’informe qu’ils vont se déplacer plus loin, mais moi je lui dis que ça serait mieux qu’il reste là, ça va faire moins loin pour aller chercher la bière que j’ai dans mon frigidaire.
De fil en aiguille les gars me racontent leur soirée, pour finalement me confier qu’ils sont gais et qu’ils surfent tous. P’tit noir aux tattoos qui se colle avec p’tit brun aux shorts bleus, les p’tits becs puis les gestes d’affections qui se multiplient, tout le monde est au beau fixe. Pour ne pas dire ben « High » sur l’extacy.
Moi avec mon érection qui n’est plus subtile pour cinq cents, qui jase avec le beau Dean.
Magnifique lever de soleil à l’horizon, les vagues qui se brisent sur la plage et tout se que je me dis c’est qu’il ne peut y avoir meilleur moyen de commencer la fin de semaine.
Les gars me tiennent compagnie toute la journée, sous un soleil torride, à jouer au ballon, puis se baigner puisqu’il fait très chaud. La bière coule à flow.
Vers les 4 h en après-midi, alors que je suis toujours bien agacé avec cette érection qui ne me lâche pas, à mon retour du camion, quelques bières en mains, Bronzé (le noir) aux shorts oranges commanditées par Nike, arrive en criant.
(Bronzé) : « Ti-guy il est ou Dean? On le chercher depuis une heure puis on ne trouve plus??? »
Dans ma tête de presque pas raciste, je débande tout de suite.
(Moi) : « J’espère que vous ne l’avez pas laissé à l’eau tout seul il est ben chaud! Il pourrait facilement se noyer? »
Puis je me dis que ça m’a couté au moins $50 piasses de bières, faudrait surtout pas que ça finisse dret comme ça!
C’est le branle-bas de combat, tout le monde se met à sa recherche. Après une heure d’intenses recherches, les explications « au lifeguard » à « la lesbienne » de service, le rapport de police remplie, les bobettes toutes gommées ramassées, on se résigne puis tout le monde s’en va chacun chez eux.
En peine, plein de remords je mets à réviser dans ma tête la journée de rêve en leur compagnie qui, c’est conclu sur cet événement aussi tragique. Brulé par le soleil, réchauffé pas la 15e bière je me dirige vers le camion pour aller m’étendre dans la couchette. J’entre, je constate qu’il y a du sable partout, je me tourne vers la couchette et j’aperçois tu pas le beau Dean étendu de tout son long, flanc banc nu sur ma couchette, la bouche ouverte et qui ronfle à fond de train.
Finalement, j’ai eu droit à la présence de beau blond pour le reste de la fin de semaine. Lui en tout cas il sait quoi faire pour régler le problème d’une maudite érection déplaisante.
La madame…
Illustration : Joe Phillips.com