On a tous un étrange personnage, dans notre quartier ou dans notre village qui s’arrête en avant de chez nous, ou au coin de la rue, le regard vide qui se parle tout seul. Pas facile, mais vous savez désinstitutionnalisation oblige. Ils sont sans danger, puis je pense que malgré leurs différences ils ont quand même une place dans notre société. Moi je prétends qu’ils parlent à leurs amis imaginaires, mais au fond, c’est juste des petites bibittes dans la tête qu’ils ont.
Mais qui suis-je pour les juger?
Qui osera s’avancer pour affirmer qu’ils n’ont pas une petite voix dans la tête qui leur parle? Vous savez la petite voix qui nous aide à prendre des décisions, aussi banales soient-elles, dans notre quotidien. Je suis sur que vous vous en doutez, moi ça a commencé assez jeune, à l’adolescence quand je me suis aperçu que j’étais bien différent de tous mes amis. Ça commence tranquillement, dès le jour où la vie commence à se compliquer. Croyez-moi!
On a tous des situations comme ça…
On va au guichet automatique à la banque puis au retour vers la voiture il y a la petite vois qui nous demande « …mais ou sont les maudites clefs? ». Une foi assis dans la voiture on regarde notre livre de banque puis on s’aperçoit que le payement de la voiture est passé; puis, y a l’autre petite voie qui nous dit; « …si au moins le maudit bazou partait le matin…» jusque-là, la maladie n’est pas si pire, tout va bien.
Ici ça se gâte un peu…
Tu te réveilles la nuit puis, il y a une qui veut te jaser. « Eh…psssiii… dors-tu? »T’as beau y dire que tu veux dormir, mais elle choisit n’importe quel sujet pour te tenir réveillé. « Eh, eh, t’as oublié de payer tes factures ce mois-ci… », mais elle s’aperçoit vite que ça ne marche pas avec moi. Tout de suite, il y a l’autre bibitte qui se joint, lui chuchote à l’oreille, puis là elles s`y mettent à deux pour me parler du party de demain « Ça a l’air que le bar est open puis qu’il y aura plein de beaux gars… ». Je ne suis même pas certain que je veux aller à ce party là, puis trop fatiguer, les yeux me tombent encore une foi… Puis s’en suis les plus coriaces qui elles commencent à me parler du beau gars qui m’a servie au Canadian Tire la veille. « …maudit beau gars au Canadian Tire hier matin hein?, lui aussi y va être au party demain… » Là je suis faite, ou bien je joue avec mon corps, ou bien c’est sur que je ne me rendors plus de la nuit.
J’ai aussi la p’tite bibitte qui tient le volume de ma voix. Elle, c’est fini, elle ne me parle plus. Elle boude! J’ai beau y demander « baisse le volume » y a rien qui change.
Moi il y a longtemps que je les Côtois mes petites bibittes dans ma tête, elles vont et viennent à leur guise, comme les vôtres. Un peu tabou comme sujet, vous savez nous avons tous un peu honte d’en parler. Mais moi au fil du temps je me suis habitué à vivre avec elles, puis la vie n’est pas si pénible, au contraire, en les écoutants j’en ai conclus qu’elles n’ont pas toute la même personnalité et en général elles sont gentilles.
Ok, y en peut être une ou deux un peu méchantes. Elles vont même jusqu'à ce parler dans dos « …ah elle est fatigantes, a fait son ménage en « J string », en tallons haut, la musique au fond… », vous voyer le genre, rien de bien grave.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’arrêter la médication…
Y en a une couple qui se spécialise en politique, eux autres, elles sont travaillantes. Je les appelle les grandes gueules. Quand je vois des scandales d’eau contaminée comme dans la municipalité de Shannon, les p’tites bibittes me rappellent rapidement qui est à la source d’un tel scandale. « …souviens-toi Guy, les mêmes « hosties de loser » qui nous ont volé $165 millions de dollar lord d’un autre célèbre scandale, celui des commandites…. »
Ou encore, quand je vois le pétrole monter de 10 cents à la pompe le vendredi matin, y a une p’tite voix qui crie « …eh je vous ai eu, j’ai fait le plein mercredi, gang de crosseurs… »
Et ça continue…
Si vous me croisez sur la rue au village, le regard vide, à me parler toute seule, ou en disant des niaiseries, ne vous en faites pas. Rassurez-vous, au grand jamais je ne voudrais vous faire du mal ou de la peine. C’est juste moi au naturel, celui qui peut-être est en train d’argumenter avec une de mes p`tites bibittes que j’ai dans le traineau ou juste en train de penser à quelles autres niaiseries je vais écrire pour vous faire rire un peu.
Bonne journée!
La madame...
mercredi 4 février 2009
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Oui oui, c’est un secret!