J’avoue commencer cet article sans vraiment savoir si je vais le finir. Ça fait plusieurs fois que j’essaie d’écrire sur le sujet et puis la douleur s’installe puis avant même de le finir je l’efface. Il y a des sujets ou j’ai beaucoup d’émotions, trop de peine, puis je me dégonfle. Non, non je ne suis pas à la recherche de sympathie ou en train de me plaindre, c’est juste mon petit coté féminin qui me rend hyper sensible sur certains sujets.
Une nouvelle qui a attiré mon attention ce matin est celle de l’Évêque Raymond Lahey qui s’est fait prendre avec de la pornographie juvénile sur son portable. Une nouvelle qui me choque et qui vient me chercher au plus profond de moi, pour le geste et surtout pour ce que l’institution, qu’est l’Église Catholique, représente.
Je suis sûr que vous vous dites, oui, mais qui est-il pour s’en offenser, le gars qui est gai et qui ne se gêne pas pour nous mettre plein d’images dans la face aussitôt qu’il en a la chance?
OK j’avoue, être excentrique, extraverti et coloré, mais assez intelligent pour faire la différence entre relations entre adultes consentants et pornographies juvéniles qui risque de détruire la vie de pauvres enfants.
Je suis gai, très gai même mais définitivement pas un pédophile! Clarification souvent nécessaire pour les moins éduqués, puisque dans la majorité du temps ce n’est pas de leurs fautes, je comprends.
Donc, je disais, une nouvelle qui ravive beaucoup de haine, de peine et de rage envers l’institution qu’il représente.
Moi j’ai été séparé de mes parents à la naissance. En 1964 au Québec, selon les mœurs sociale et religieuse de l’époque, « était un illégitime le nouveau-né venant d’un couple non marier selon les règles de l’Église Catholique ». Si le soi-disant couple ne désirait pas se marier et par le fait même continuer de fonctionner dans une société normale sans se faire renier, ils n’avaient qu’à abandonner l’enfant à la crèche, donc renier celui-ci pour ensuite poursuivre leurs chemins comme si de rien n’était. Ironiquement, geste valorisé à cette époque. « Mieux valait abandonner votre enfant à l’institution plutôt que d’être une fille mère, et en porter le fardeau du péché pour le reste de vos jours ». Quelle maudite connerie.
Naturellement comme l’église était profondément influente dans nos systèmes sociaux telles l’éducation, la santé, et la politique le choix était assez clair, qui aurait pu les blâmer?
Heureusement, j’ai eu l’extrême chance d’être adopté à l’âge de 14 mois, accueillis par une famille extraordinaire et aimante, du même coup la vie m’aura souri, et n’aura jamais eu de réel conséquent de cette aventure.
A mon adolescence, où j’ai réalisé que j’étais attiré par le même sexe il m’a aussi fallu entreprendre une démarche introspective, une longue démarche de recherche et d’acceptation sur ma propre personne. « Un pèlerinage sans fin où il m’aura fallu encore une fois de plus faire fi des croyances de mes parents, ceux-là mêmes qui m’ont sauvé d’une première catastrophe causer par la même institution qui aujourd’hui me renie toujours et n’accepte pas mon homosexualité ».
Il m’aura fallu beaucoup de temps pour en venir à être capable d’appliquer et mettre en pratique un de leurs enseignements, celui d’une valeur tellement importante aux yeux de mes parents, celle de pardonner. Malgré tout, encore aujourd’hui l’Église Catholique figure parmi ceux auquel j’ai beaucoup de difficulté à pardonner.
Aujourd’hui le seul parent qui me reste, ma mère, usée par les années et grugée par la maladie, n’a plus la capacité de comprendre l’ampleur de mes souffrances. Oui, j’aurais tellement avoir pu lui expliquer alors qu’il en était encore le temps, « oui Maman, je leur aie pardonné » (Religion catholique).
Malgré tout, encore aujourd’hui, des milliers d’enfants sont toujours victime d’un empire et d’un régime nourrit par l’indifférence et l’ignorance, qui préférera verser de larges sommes d’argent pour sauver son image plutôt que de mettre en pratique ce qu’ils prêchent depuis le début « l’amour de nos enfants ».
« M. Lahey, ce n’est pas sans y avoir longuement réfléchi, que je vous souhaite la même douleur, que l’institution que vous représentez m’a infligée tout au long de ma vie. J’espère que cette douleur, processus nécessaire au pardon, vous amènera, un jour à me comprendre! »
La madame...







Un BRAVO pour toi! Tu as réussi à le finir et à enfin l'envoyer ce post!
RépondreSupprimerC'est touchant, c'est libérateur...
J'aime ton côté féminin... xxx ;0)
Y a pas que l'église qui est responsable... c'est TOUTE la société de l'époque aussi. Faut pas oublier que c'était juste après "La grande noirceur", les années Duplessis. Avant la Révolution Tranquille. J'ai beaucoup étudié cette époque pour mieux comprendre le contexte social qui a mené à mon propre abandon à la naissance. Un jour je raconterai. Tu as trouvé un bouc émissaire, le clergé catholique romain. Ça t'a aidé sans doute à canaliser le négatif que la situation avait pu créer en toi. (14 mois en institution à partir de la naissance, ça laisse des cicatrices indélibiles, pour des raisons très basiques, biologiques.) J'ai plutôt fait mon chemin autrement. J'ai choisi une forme d'autodestruction... J'ai réussi à m'en sortir presque par miracle. J'aurais peut-être dû me trouver, moiaussi, un bouc émissaire...
RépondreSupprimerMerci Vieux Singe.
RépondreSupprimerLa Lionne l’autodestruction pourrait être aussi un très bon sujet pour un billet mais bon! C’est intéressant de voir que nous avons des p’tits secrets en commun. ;-)
L’article a été publié sur La tribune libre du journal local de Victoriaville, La Nouvelle… si ça vous intéresse vous pouvez consulter et voir les réactions ici! http://www.lanouvelle.net/article-383697-Je-ne-suis-quun-maudit-batard.html
RépondreSupprimerMerci pour votre témoignage.
RépondreSupprimerVous êtes courageux.
vous êtes loin d'être un bâtard... Vous êtes un enfant de l'amour !
Je vous souhaite d'être heureux...
Le bonheur s'épanouit d'un coeur léger...
Kathleen Potvin