vendredi 30 octobre 2009

Kilomètre zéro!

Il ne m’aura fallu que quelques heures pour finalement rendre les armes, le beau Pierre Olivier, le très séduisant garçon de table à l’auberge Radisson n’est pas disponible. La chanceuse travaille à la Caisse Populaire du village.

Inutile de faire le tour du village en Cadillac rose pour trouver un village gai à Radisson, on me confirme qu’il n’y en a pas, un peu surpris? Mais voilà! Par contre, on me glisse à l’oreille qu’il y a beaucoup de jardins secrets. Ah oui?

Eh bien! Puis on me confirme que la population du village oscille à 300 habitants avec un ratio de « 200 requins pour 40 proies », comme le disait si bien Patrice Lagacé dans son article.

Moi ça me rassure. Me voilà parti butiner!

Dès que je suis arrivé, c’est le sourire des résidants permanents qui retient mon attention.

Sérieusement, c’est de leur sourire dont je veux vous parler. Je ne sais pas si l’éloignement est la raison, mais je n’ai jamais été aussi bien reçu et d’aussi bonne manière. Ils ont de la conversation, ils sont tous prêts à vous renseigner, ou vous diriger dans la bonne direction. Puis maudit qu’il a des belles fesses dans ses pantalons de soie, mais ça, je vous l’avais déjà dit. He he he...

Le matin, très tôt, en direction pour le chantier je croise la gentille et jeune demoiselle à la réception de l’auberge. Audrée, oui celle-là même qui maintenant remplace le dépressif, Maltais, à la direction de la radio locale le CIAU 103.1 FM du village (voir l’article de Lagacé). Audrée occupe aussi le poste à la réception de l'auberge question d’en avoir pour son argent. Elle me confie qu’elle est en amour avec un mécano d’Air inuit. La chanceuse elle aussi!

Moi, pas vraiment très réveiller, je suis un peu sur le radar, mais voila quel m’annonce qu’elle est privilégiée parce qu’elle reçoit son Mc Do par Air inuit. « La sauce à part et dans sa boite originale » prend-elle soin de spécifier. « Oui oui… tu la demandes à part puis quand ça arrive icit tu le mets 2:22 minute au four micro-onde puis ça goute pareille. » Double chance, au dépanneur ils ont reçu la Guinness en canne aussi! Wow!

Qui aurait pensé qu’un jour que manger du Mac Donald ou boire de la Guinness serait un événement?

Et moi c’est ça que je retiens. Ces gens-là ont la couenne dure et je les admire, c’est tout!

En direction vers le kilomètre zéro, je vous rassure en vous disant que je ne trouve pas Radisson si déprimant. Il suffit d’être capable de se libérer et de s’abandonner à un mode de vie très différent, mais aussi très particulier.

Selon moi, le plus difficile est d’être capable de vivre avec soi même, mais aussi d’être capable de faire face à une réalité, notre fragilité!

« Au font tout le monde comprend que la vie n’est qu’un privilège, à Radisson ou bien on fait partie de ceux qui ne s’en doutent pas ou bien on est un de ceux qui la rendent si incroyable! »

Merci Audrée!

Le kilomètre zéro est là où tout a commencé!

La madame…

mercredi 28 octobre 2009

Au nord du 52ième parallèle!

J’arrive à mon motel au alentour de 7 :30pm un peu à la course la gentille, mais vraiment pas jolie dame à la réception, bien candidement tout en m’inscrivant, m’informe que si je veux une table au restaurant je devrais lui dire immédiatement parce qu’autrement le restaurant ferme plus tôt aujourd’hui. Ah? Heu?!? Hum…? Puis avant même que j’ai le temps de répondre, le garçon de table entre en vitesse, me regarde de ses yeux pétillants avec un grand sourire, et demande à la réceptionniste « puis? » Je le regarde à mon tour, érection subtile, et sans attendre une minute je réponds, « Mais bien sûr, j’y serais dès que j’ai la clef de ma chambre mon ami! ».

Je veux pas faire trop simple, mais je viens de me taper 850kms dont 602 sur la route la plus lamentable que je connaisse, au volant du camion le plus exécrable que j’ai conduit, je me sens comme un vieux morceau de viande qui n’en finit plus de ce faire attendrir au marteau avant de passer à la cuisson.

« S’il vous plait laisser moi passer à la poêlonne, je n’en peux plus!

La Baie James mon cul! »

Mais voilà que la première personne qui me parle, après chose là… à la réception, est un beau jeune garçon 25 – 28 ans aux yeux verts, cheveux châtains garnis de mèches blondes, comme on les voyait durant les années ’90. Définitivement, le pantalon de soie ajusté à ses fesses y sont pour quelque chose.

C’est en traversant le 52e parallèle direction nord que j’ai compris qu’ici les choses sont différentes. Il se trouve que je suis dans le petit village de Radisson à la Bais James. Techniquement j’y suis pour ramasser les cochonneries d’un client puis ouste je suis reparti. Mais voila que soudainement je ne voix plus les choses de la même manière.

Et si je me trompais, et que j’y découvre un trésor caché de notre société que notre ami Patrick Lagacé n’aurait pas su trouver lors de son dernier passage à Radisson? Peut-être que j’aimerais y rester pour un bout?





C’est tellement rafraichissant de parler avec un vrai résidant de Radisson (qui ne travaille pas pour Hydro Québec), « …ils te font vite réaliser combien l’état des routes n’a rien à voir avec l’état du conducteur! »

La madame…

P.s. J’ai une petite pensée pour Le Barbare Érudit qui lui sait vraiment c’est quoi l’éloignement, chapeau mon ami.

dimanche 25 octobre 2009

J’ai fait mon temps!

Tout ce temps sans horizon, sans percevoir la rondeur de notre habitacle qu’est la planète bleue. À peine capable de me souvenir de l’odeur d’une fraise des champs, le son d’une vague s’éclaboussant sur les berges d’une plage, la couleur de ton visage quand tu te fâches, la danse de la lumière sur l’étant provenant de l’abondance de mes larmes.

Je suis perdu dans mes souvenirs sans rapport avec cette réalité que nos enfants connaissent aujourd’hui.

Me voilà libre! Libre de quoi? Peut être un peu plus captif que dans les murs qui me protégeaient de cette pollution qui n’a ni pitié de moi, pas plus que la famille et des amis de ma victime.

Libre! Ô que non! Ce n’est qu’une illusion.

Les tourments de mon quotidien ne feront qu’une bouchée de moi et me ramèneront rapidement à mon naturel désillusionné, et désabusé de notre société. Mon dégout pour cette viande à varier refait surface aussi tôt.

S’il vous plait, dites-moi, que dois-je faire pour regagner cette sensation de réconfort et de sécurité que me procurait cet individu, vêtu d’un uniforme grisâtre devant les barreaux de ma cellule? Seule sa compassion me rassurerait.

En vérité que me reste-t-il?

RIEN!


La madame...

Markus Bollingmo

Qui est Markus?

Il est probablement un des plus jeunes, mais talentueux photographes que je connaisse. Il est gai est sa carrière tourne autour du sujet qu’il vénère depuis ses débuts, c'est-à-dire Le Masculin.

Lors de son dernier passage à Cologne, en Allemagne un rituel assez particulier attira son attention, il prit quelques photos pour l’immortaliser et nous le partager.

En faite, le rituel est que sur se pont traversant Le Rhin à Cologne, les gens pour la plupart couples gais, s’y rendre pour y laisser leurs cadenas attacher à une grille pour ensuite y jeter la clef à la rivière, ainsi symbolisant leurs amours et leurs engagements l’un envers l’autre pour toujours.

Markus, un artiste aux multiples talents.


La madame...
 




 
 

vendredi 23 octobre 2009

Le recyclage d’enveloppes brunes.

Je ne le sais pas ce qui se passe avec moi, mais j’ai surement un problème d’hormones ou je ne sais quoi. Au moment même dans ma vie où je devrais sombrer dans la dépression pour des raisons justifiables, mais très personnelles, me voilà que malgré tout, plein de choses positives m’arrivent ce qui fait que je ne ressens pas la morosité qui me guette.

Dernièrement j’ai eu l’opportunité de participer à des projets hors de l’ordinaire, du moins pour moi, qui m’ont donné la chance d’apprendre de nouvelles choses et qui par le fait même m’auront distrait de la morosité dont je devrais être victime.

Au cours de l’été j’ai un ami qui a entrepris un projet fort ambitieux que de bâtir une maison écologique style très autonome au plant énergie propre, et compatible avec la nature. Il m’invite à y participer et j’embarque. Naturellement j’y participe à titre volontaire, et ce, sans compensation monétaire. Mais je vous avoue sincèrement que j’en retire une certaine satisfaction de simplement faire partie d’un projet comme celui-là.

Plus récemment l’entreprise familiale de ma sœur et son conjoint, La Gouge du Roi, font l’achat d’une chambre à peinture assez sophistiquée pour les besoins de leur expansion. Ils m’approchent pour participer au projet et j’embarque. Il faut vraiment comprendre que la mission de leur entreprise et leurs produits sont tellement intéressants. Il est un des plus grands artistes du Québec que je connaisse, un sculpteur professionnel que j’admire. Aussi une belle expérience en soit.



Bon assez pour les plogues et le tétage!

J’avoue que la vie me sourie et qu’il m’en prend beaucoup pour m’abattre et que souvent les gens viennent me demander, mais où prends-tu toute cette énergie?

Le secret! Me masturber tous les matins sans faute, peu importe s’il me reste des kleenex ou non, ce n’est pas une raison pour passer mon tour. En couple ou non, rien de tel qu’une bonne branlette pour oublier tous nos soucis, du moins le temps que ça dure.

Non, mais farce à part, nous autres en région on n’a pas la chance d’aller voir « live » les vitraux de la grande bibliothèque tomber et se briser sur le pavé, donc on se contente de bâtir des maisons écologiques, on sculpte et on se masturbe.

Aux faits, j’allais oublier, y a t’il quelqu’un qui pourrait dire à Tony Accurso que dans mon souci de sauver l’environnement je démarre un projet de recyclage d’enveloppes brunes?!?

La madame…

samedi 17 octobre 2009

Mon Dieu où es-tu?

Y a des matins comme ce matin où la télévision et l’ordinateur ne sont pas requis pour le divertissement. 7 h se matin quand je me suis levé, à ma grande surprise il y avait une mince et délicate couche de glace sur le lac. Ce qui a donné droit à un assez beau spectacle quand le soleil s’est levé. Le reflet de couleurs rayonnant sur la glace et reflétant sur le mur de ma salle à manger au deuxième étage, ainsi produisant une projection de douces émotions sous la forme de figurines aussi improvisées que le spectacle lui-même.
Scène matinale d’automne qui ne sollicite que de la paix et la joie et une bonne dose de sérénité. Dans le silence, je déguste le moment.

Dernièrement, je réfléchis beaucoup sur ma spiritualité que je néglige. Oui, je suis très paresseux comme ma très pieuse mère me le répète souvent. Définitivement, la réflexion était nécessaire parce que depuis plus de 30 ans j’y avais abandonné la possibilité d’un dieu ou de toutes formes d’être suprême.

Par contre lorsque je me lève le matin et que j’ai la chance de contempler la danse du soleil levant sur la peinture défraichie de mon chalet, force d’admettre que peut-être, il y a un être supérieur qui me regarde d’en haut tout comme je le fais quand j`observe les derniers battements d’ailes de nos papillons d’automne.

Non je vous rassure je ne sombre surtout pas dans l’adhésion à des théories aussi farfelues que le créationnisme, l’une comme l’autre que celles proclamer par les religions aussi ridicules que la religion catholique ou tout autre religion en passant. Je suis peut-être, juste très content que le hasard me permette de vivre le privilège qu’est « La Vie » sur la Terre, donc bien content d’être au rendez-vous.

Plongées dans la lecture d’un livre que j’adore et dévore, Les Quatre Accords Toltèques (Don Miguel Ruiz, Édition Roches Jouvence), à la recherche de réponses aux multiples questions existentielles et orphelines, les pages tournent et rien ne pourrait me distraire.

Erreur, une voix criarde et mal engueulé vient me distraire ne serais-ce que pour un moment. C’est la voisine qui se tient sur le balcon, en jaquette et en pantoufles, en train de profaner que des jurons à l’endroit de son mari. « Osti que t’es pas brillant, écoute-moi pi tu va voir ça va marcher… » Le mari, debout sur le quai, définitivement désemparé devant la tâche qu’il ne sait comment accomplir par lui-même. Désespérément à la recherche d’une solution pour taire la grosse épaisse sur le balcon qui lui dicte comment il devrait s’y prendre pour sortir de l’eau ce moyen de transport nautique préhistorique qu’est le pédalo.

Bon, je place mon signet dans mon livre à la page du livre, page 68, puis jette un œil sur la situation de crise à l’extérieur qui vient perturber le moment sacré de méditation que je savoure.

« Tire sur la crisse de corde puis y vas venir vers toi, après tu le tires sur la berge, osti… c’est simple pourtant?» lui criât-elle. « Oui, mais chérie la corde est tombée dans l’eau » lui réplique-t-elle sur une note soumise. Il trébuche et tombe à l’eau. La grosse épaisse se précipite pour l’aider à sortir de l’eau toujours en criant comme une folle.

La situation maintenant sous contrôle, j’ai le sentiment que je devrais peut-être retourner vaguer à mes occupations de lecture. Dans un besoin urgent de tranquillité, je retrouve la page ou j’en étais et sans perdre une minute me remet à ma lecture, tentant vainement de rejoindre cette sensation de paix et de sérénité qui me rendait si heureux.

La première ligne que je rattrape va comme suit;
« Nous supposons que tout le monde voit la vie comme nous le voyons. Nous supposons que les autres pensent comme nous pensons, qu’ils ressentent les choses comme nous le ressentons, qu’ils nous jugent comme nous les jugeons... »

En lisant ses quelques lignes, je lève les yeux, et réagis à cette affirmation sans hésitations…

Non, ce n’est pas le cas… Elle n’a qu’à le laisser se noyer le calice d’épais!

La madame...

jeudi 15 octobre 2009

Wasectony? C’est un pays ça?

Dernièrement je suis un peu occupé. J’adore toujours mon blogue et la gang de joyeux lurons qui suivent mes histoires. J’ai énormément de sujets que j’aimerais attaquer, mais le temps pour écrire me manque. J’aimerais écrire une lettre à mon Père décéder en 1995 et qui me manque beaucoup, ou bien une lettre de pardon à ma Mère biologique qui m’a abandonné à ma naissance. Ou bien un texte expliquant à mon un ex-aman de Toronto, qui mérite que je lui dise honnêtement les raisons de mon départ précipité.

J’aurais pu faire mes commentaires sur la chronique de Foglia, le blogue de Lagacé, ou même sur les niaiseries de la clique du plateau… mais non je n’ai juste pas le temps, dessolé!

Bla-bla-bla…

Par contre, il y a des choses que je ne peux juste pas laissé passer, peu importe l’implication…

Je ne peux pas passer sous silence le courage, la bravoure d’un ami aujourd’hui. Selon ce qu’on me dit, et cela, malgré la malencontreuse aventure, oui, il est toujours vivant. Le chanceux, il s’en est sorti…

On me dit que sa vasectomie aura été un succès Bravo Drew! Je t’admire!

 La madame...

vendredi 9 octobre 2009

Un mollard juste pour toi ma jolie!

Depuis plus d’un mois maintenant je croise une maudite belle pitoune très jolie fille ici et là dans mon quartier. Non, mais même les gais peuvent faire la différence entre un un lave-vaisselle et une Rachel Welsh modèle 2010.

Dépanneur, restaurant, épicerie et même à la station d’essence la semaine dernière. Ben oui même les tops modèles doivent mettre de l’or noir dans le bazou sa BMW Z4 si elles veulent faire la bimbo fraiche sur la main.

Assez particulier parce que je ne suis plus habitué de voir les belles filles faire le détour juste pour le beau « bonjour comment ça va? » Tout d’un coup, toutes les fois je me retrouve en sa présence je me sens comme « spéciale » puisqu’elle veut toujours prendre le temps de me signifier qu’elle se tien au courant de la météo. « Y fait beau hein? » Blonde un p’tit peut, mais ça « fit » avec la BMW.

À en juger par son comportement elle pense que je suis « straight » puis soit qu’elle veut m’offrir des services à $500 piasses l’heure ou bien elle veut m’inviter à une soirée Tupperware? Pas sure?

Hier on se croise dans le département de lingerie féminine chez Sears, puis elle m’aperçoit. Je la vois qui regarde à gauche à droite comme pour vérifier si ma femme est avec moi, évidemment ne se doutant pas que la lingerie c’est pour moi, puis elle fonce dans ma direction. « Allo comment ca va? » me lance t’elle d’une voie assez forte pour que la vielle de l’autre coté de l’allé se retourne.

Soudainement une forte odeur de parfum, le sien je présume, m’envahit abondamment, mais très très forte odeur. Bonne odeur j’en conviens, je suis sure que c’est un parfum de bonne qualité, mais beaucoup trop, ce qui provoque un chatouillement nasal tellement hors de mon contrôle. Comme si on venait me jouer dans les narines avec une petite plume. Sans que j’aie même le temps de mettre ma main devant ma bouche, me v’là partie d’un grand élan et j’éternue, mais vraiment violemment, haaatchooouuu… J’ai les yeux pleins d’eau, je me les essuie me les ouvres et la regarde, pour constater que je viens de lui envoyer le plus dégueulasse et le plus gros des mollards en plein visage.

Tout d’un coup, j’ai jugé que ça ne lui intéresserait plus vraiment de savoir à qui appartenait la lingerie. Et non je ne suis pas misogyne!

La madame...

mardi 6 octobre 2009

Y a des rumeurs que...

Ça va faire bientôt deux ans que je reste au Lac des Cèdres, et j’avoue que j’aime le spot. Un p’tit lac privé situé à 3 km du village, donc on a accès à tous les services, mais en banlieue dans la nature. Au début, je n’étais pas trop habituée de savoir que tout le monde savait tout sur tout le monde. Mais bon, on s’habitue.



Brault et Martineau vient faire une livraison chez nous puis trois jours plus tard je rencontre au dépanneur madame Bazineau qui reste de l’autre bord du lac. Elle y va d’un commentaire, « J’te le dis ti-guy tu va les aimer tes nouvelles laveuses-sécheuses, j’en ai des pareils! » QUOI?!? « Ouin les BOSH c’est les meilleurs », réplique-t-elle? Puis elle se sauve en criant, « j’suis pressé on se reparle un autre tantôt, bye ». Une dame que je rencontre à peu près 5 fois par année, si on inclut les trois réunions de l’association des propriétaires.

La vie en petite communauté moi je ne connaissais pas ça avant d’arriver au lac. Ca ressemble aux bougons, mais en campagne. Le dépanneur, qui lui est annexé au Restaurant du Lac, est le point névralgique, le « hub » où l’information se relaie à tout un chacun autour du Lac.

« Ton modem Motorola SURFboard SB5101, connecté sur la haute vitesse de Vidéotron, c’est de l’esti de marde à comparer à notre dépanneur. Peu importe la grosseur ou l’importance de la rumeur, ça fait le tour du lac en moins de temps que d’y faire le tour avec ton VTT, pas plaqué dans le tapi. »

Le personnel du dépanneur est toujours de bonne humeur, enclin pour te servir avec le grand sourire. C’est là qu’y travaille le beau p’tit blond, Miguel, pas mal fin le p’tit gars, anyway. Inutile de vous dire que maintenant tout le monde le sait que « La Reine du lac » l’aime bien le beau Miguel. Du moins presque tout le monde.

À force de côtoyer tout se beaux mondes ici et là bien on devient des amis, genre des amis qui ne se voisinent pas, ou très peu, mais c’est tout comme, parce qu’on connait tout l’un sur l’autre. Qui fume du pot, qui se fait vivre par le peuple, tout sur le témoin de Jéhovah qui est plein à l’os, les galettes à la mélasse de madame Côté, la maudite « chainsaw » à mon’oncle Jules, les criss de chiens à Tony, et j’en passe.

La semaine passer la grosse Lafontaire de la rue des Chalets, avec son paquet de bacon sous le bras qui hésite entre la crème 10% et la 35%, elle y va de son commentaire (que j’aurais bien aimé ne pas entendre) en criant à Christine la proprio du dépanneur, « ouain… tu sais, la p’tite Catherine a ben de la misère avec ses règles, tout le temps mal au ventre la pauvre petite! »

Wooooo tabarnak! Du même coup, j’échappe ma caisse de 12 dret à terre, casse 2 bouteilles, un autre tabarnak. « …tu correct ti-guy? », me lâche Christine. « Fuck! » Rouge comme une tomate je r’tourne dans le frigidaire pour la changer ma 12 tout décrissé, pour une 24. Ostie, ça va en prendre une couple de plus juste pour laver s’tes images là!

Puis l’autre jour, je rencontre ti-houle, un peu naïf mais toujours prête à rendre service, dans le parking y me dit en me chuchotant dans l’oreille, « ti-guy fait attention le p’tit blond du dépanneur, part des rumeurs à ton sujet, y en train de te faire passer pour un fif. », me dit t-il. « Heu… Ah oui? Merci ti-houle, j’te revaudrais ça! », que je lui réponds, d’un air ben épais! Puis la j’me dis dans ma tête, pauvre ti-houle si y savait que sa femme baise avec Gosselin, le propriétaire du restaurant, pauvre type va!

De mon coté, je ne veux pas faire ma langue sale, mais, saviez-vous que la soupe aux pois à Gertrude, la femme du mécanicien, manger avec de la Molson Dry à fait péter pi sa pu en osti?

La Reine du Lac des Cèdres…

jeudi 1 octobre 2009

Je ne suis qu’un maudit bâtard!

J’avoue commencer cet article sans vraiment savoir si je vais le finir. Ça fait plusieurs fois que j’essaie d’écrire sur le sujet et puis la douleur s’installe puis avant même de le finir je l’efface. Il y a des sujets ou j’ai beaucoup d’émotions, trop de peine, puis je me dégonfle. Non, non je ne suis pas à la recherche de sympathie ou en train de me plaindre, c’est juste mon petit coté féminin qui me rend hyper sensible sur certains sujets.

Une nouvelle qui a attiré mon attention ce matin est celle de l’Évêque Raymond Lahey qui s’est fait prendre avec de la pornographie juvénile sur son portable. Une nouvelle qui me choque et qui vient me chercher au plus profond de moi, pour le geste et surtout pour ce que l’institution, qu’est l’Église Catholique, représente.

Je suis sûr que vous vous dites, oui, mais qui est-il pour s’en offenser, le gars qui est gai et qui ne se gêne pas pour nous mettre plein d’images dans la face aussitôt qu’il en a la chance?

OK j’avoue, être excentrique, extraverti et coloré, mais assez intelligent pour faire la différence entre relations entre adultes consentants et pornographies juvéniles qui risque de détruire la vie de pauvres enfants.

Je suis gai, très gai même mais définitivement pas un pédophile! Clarification souvent nécessaire pour les moins éduqués, puisque dans la majorité du temps ce n’est pas de leurs fautes, je comprends.

Donc, je disais, une nouvelle qui ravive beaucoup de haine, de peine et de rage envers l’institution qu’il représente.

Moi j’ai été séparé de mes parents à la naissance. En 1964 au Québec, selon les mœurs sociale et religieuse de l’époque, « était un illégitime le nouveau-né venant d’un couple non marier selon les règles de l’Église Catholique ». Si le soi-disant couple ne désirait pas se marier et par le fait même continuer de fonctionner dans une société normale sans se faire renier, ils n’avaient qu’à abandonner l’enfant à la crèche, donc renier celui-ci pour ensuite poursuivre leurs chemins comme si de rien n’était. Ironiquement, geste valorisé à cette époque. « Mieux valait abandonner votre enfant à l’institution plutôt que d’être une fille mère, et en porter le fardeau du péché pour le reste de vos jours ». Quelle maudite connerie.

Naturellement comme l’église était profondément influente dans nos systèmes sociaux telles l’éducation, la santé, et la politique le choix était assez clair, qui aurait pu les blâmer?

Heureusement, j’ai eu l’extrême chance d’être adopté à l’âge de 14 mois, accueillis par une famille extraordinaire et aimante, du même coup la vie m’aura souri, et n’aura jamais eu de réel conséquent de cette aventure.

A mon adolescence, où j’ai réalisé que j’étais attiré par le même sexe il m’a aussi fallu entreprendre une démarche introspective, une longue démarche de recherche et d’acceptation sur ma propre personne. « Un pèlerinage sans fin où il m’aura fallu encore une fois de plus faire fi des croyances de mes parents, ceux-là mêmes qui m’ont sauvé d’une première catastrophe causer par la même institution qui aujourd’hui me renie toujours et n’accepte pas mon homosexualité ».

Il m’aura fallu beaucoup de temps pour en venir à être capable d’appliquer et mettre en pratique un de leurs enseignements, celui d’une valeur tellement importante aux yeux de mes parents, celle de pardonner. Malgré tout, encore aujourd’hui l’Église Catholique figure parmi ceux auquel j’ai beaucoup de difficulté à pardonner.

Aujourd’hui le seul parent qui me reste, ma mère, usée par les années et grugée par la maladie, n’a plus la capacité de comprendre l’ampleur de mes souffrances. Oui, j’aurais tellement avoir pu lui expliquer alors qu’il en était encore le temps, « oui Maman, je leur aie pardonné » (Religion catholique).

Malgré tout, encore aujourd’hui, des milliers d’enfants sont toujours victime d’un empire et d’un régime nourrit par l’indifférence et l’ignorance, qui préférera verser de larges sommes d’argent pour sauver son image plutôt que de mettre en pratique ce qu’ils prêchent depuis le début « l’amour de nos enfants ».




« M. Lahey, ce n’est pas sans y avoir longuement réfléchi, que je vous souhaite la même douleur, que l’institution que vous représentez m’a infligée tout au long de ma vie. J’espère que cette douleur, processus nécessaire au pardon, vous amènera, un jour à me comprendre! »

La madame...